{"id":368,"date":"2020-06-29T19:48:05","date_gmt":"2020-06-29T17:48:05","guid":{"rendered":"http:\/\/sportagogie.com\/?p=368"},"modified":"2021-01-18T19:48:56","modified_gmt":"2021-01-18T18:48:56","slug":"controverse-2-deconstruction-de-la-chaine-de-valeur-filiere-sport-football-par-guy-bulit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sportagogie.com\/index.php\/2020\/06\/29\/controverse-2-deconstruction-de-la-chaine-de-valeur-filiere-sport-football-par-guy-bulit\/","title":{"rendered":"CONTROVERSE 2 &#8211; D\u00c9CONSTRUCTION DE LA CHA\u00ceNE DE VALEUR FILI\u00c8RE SPORT FOOTBALL par Guy Bulit"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">CONTROVERSE 2&nbsp;: LES PROMOTEURS, LES PR\u00c9BANDIERS ET LES CONTRIBUTEURS<\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;PROMOTEUR ET PR\u00c9BANDIER A LA FOIS<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.1-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les institutions internationales du football<\/h3>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 des parties prenantes principales comme les actionnaires, les joueurs et les spectateurs, on peut identifier d\u2019autres parties prenantes telles que les instances dirigeantes (la FIFA, l\u2019UEFA, la F\u00e9d\u00e9ration Fran\u00e7aise de Football et de la Ligue de Football Professionnel). La ligue professionnelle garantit aux Clubs la majorit\u00e9 des revenus issus des droits TV et leur impose un minimum de r\u00e8gles de gestion par le biais de la DNCG.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019objectif de limiter les pertes op\u00e9rationnelles subies par un certain nombre de clubs de football, l\u2019UEFA a mis en place en 2011 une nouvelle r\u00e9glementation connue sous le nom de \u00ab Fair Play Financier \u00bb. Le mode d\u2019allocation des revenus en fonction des r\u00e9sultats des comp\u00e9titions procure un avantage concurrentiel pour les clubs ayant d\u00e9j\u00e0 atteint un certain niveau de d\u00e9veloppement \u00e9conomique, cr\u00e9ant une concurrence in\u00e9quitable avec les autres Clubs. Ce mod\u00e8le \u00e9conomique produit un processus inflationniste, autant sur le prix des joueurs que sur leurs salaires. C\u2019est n\u00e9faste \u00e0 l\u2019\u00e9quit\u00e9 sportive et \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 des Clubs. Par ses d\u00e9cisions, l\u2019UEFA amplifie les risques \u00e9conomiques par la d\u00e9pendance aux revenus d\u00e9riv\u00e9s des droits de diffusions. Et elle alt\u00e8re la qualit\u00e9 des prestations commercialis\u00e9es en diminuant l\u2019incertitude sur l\u2019identit\u00e9 du vainqueur des comp\u00e9titions nationales ou internationales, tout en autorisant quelques Clubs \u00e0 capturer la plus grande part des revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Je compl\u00e8terai par quelques pr\u00e9cisions relatives aux salaires des salari\u00e9s de l\u2019UEFA. Il y a environ 500 personnes avec un salaire moyen de 130&nbsp;000 \u20ac bruts par an&nbsp;: soit un peu plus de 10&nbsp;000 \u20ac mensuels.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2018\/19, le pr\u00e9sident de l\u2019UEFA a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration fixe et brute de 1 921&nbsp;667 CHF&nbsp;: soit 1&nbsp;825&nbsp;000 \u20ac pour 152&nbsp;000 \u20ac mensuels.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2018\/19, le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral a per\u00e7u une r\u00e9mun\u00e9ration fixe de 1 175&nbsp;000 CHF, agr\u00e9ment\u00e9e d\u2019un bonus de 355&nbsp;000 CHF&nbsp;: soit au total 1&nbsp;500&nbsp;000 \u20ac pour 120&nbsp;000 \u20ac mensuels.<\/p>\n\n\n\n<p>Une prise en compte des d\u00e9rives inflationnistes et des risques li\u00e9s \u00e0 des surendettements justifierait de limiter le montant de dette des clubs et leur permettre de se financer par recours \u00e0 des capitaux propres.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 des prescriptions de l\u2019UEFA, sa fiscalit\u00e9 d\u00e9montre une autre perception de la notion d\u2019\u00e9quit\u00e9. Elle est install\u00e9e en Suisse, sous un statut r\u00e9put\u00e9 \u00e0 but non lucratif, qui lui permet d\u2019\u00eatre exon\u00e9r\u00e9e d\u2019imp\u00f4ts sur ses b\u00e9n\u00e9fices, malgr\u00e9 un chiffre d\u2019affaires de 3,4 milliards d\u2019euros de recettes annuelles &#8211; provenant essentiellement de la commercialisation de droits m\u00e9diatiques et commerciaux.&nbsp;<strong>Comment peut-on \u00eatre, dans ce cas-l\u00e0, d\u00e9clar\u00e9e d\u2019int\u00e9r\u00eat public ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le temps est venu, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une \u00e9quit\u00e9 fiscale comme de l\u2019\u00e9quit\u00e9 sportive, de consid\u00e9rer l\u2019UEFA pour ce qu\u2019elle est&nbsp;: \u00e0 savoir une&nbsp;machine \u00e0 faire de l\u2019argent, comme toute autre soci\u00e9t\u00e9 commerciale, et \u00e0 ce titre \u00eatre assujettie aux imp\u00f4ts.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.2-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les institutions gouvernementales<\/h3>\n\n\n\n<p>Les instances gouvernementales, complices des instances nationales et internationales du football&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Pouvons-nous encore d\u00e9cider nous-m\u00eames de quelque chose ?&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>question lanc\u00e9e comme un cri du c\u0153ur par l\u2019un des coorganisateurs de l\u2019Euro 2016. *&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, depuis 2004, le championnat d\u2019Europe de football n\u2019est plus mis en \u0153uvre par le ou les pays d\u2019accueil mais directement par l\u2019UEFA.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque ce syst\u00e8me a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9 au Portugal, la F\u00e9d\u00e9ration portugaise d\u00e9tenait encore 46&nbsp;% des parts de la soci\u00e9t\u00e9 organisatrice, contre 54&nbsp;% \u00e0 l\u2019UEFA. Douze ans plus tard, Euro 2016 SAS, est d\u00e9tenue \u00e0 95&nbsp;% par l\u2019UEFA et \u00e0 5&nbsp;% par la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise de football (FFF).*<\/p>\n\n\n\n<p><em>*(Article du journal Le Monde,&nbsp;<u>Euro 2016 : les concessions de la France \u00e0 l\u2019UEFA<\/u>. Par R\u00e9mi Dupr\u00e9 et Cl\u00e9ment Guillou Publi\u00e9 le 07 d\u00e9cembre 2015 \u00e0 18h50 &#8211; Mis \u00e0 jour le 09 juin 2016 \u00e0 13h21)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les recettes attendues par l\u2019UEFA furent de 1,93 milliards d\u2019euros, dont 1 milliard d\u2019euros de droits audiovisuels, pour un b\u00e9n\u00e9fice net de 847 millions d\u2019euros. Malgr\u00e9 ses 5&nbsp;% dans la SAS, la FFF ne sera pas directement int\u00e9ress\u00e9e aux r\u00e9sultats financiers de cet Euro. Si les bureaux de la soci\u00e9t\u00e9 sont au Trocad\u00e9ro, les b\u00e9n\u00e9fices sont en Suisse, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la vente des droits de retransmission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Comment furent consid\u00e9r\u00e9s les b\u00e9n\u00e9fices au profit de l\u2019UEFA&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour cet Euro 2016, le football a transform\u00e9 la France en paradis fiscal&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement fran\u00e7ais a exon\u00e9r\u00e9 d\u2019imp\u00f4t l\u2019UEFA \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019Euro 2016.<\/p>\n\n\n\n<p>Si elle fait financer les infrastructures par le pays h\u00f4te, l\u2019UEFA, qui organise la comp\u00e9tition, entend bien conserver les recettes commerciales. Nettes d\u2019imp\u00f4ts.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019est bien \u00e0 la France et aux contribuables de payer la construction de quatre stades (\u00e0 Bordeaux, Lyon, Nice et Lille) et la r\u00e9novation des autres enceintes sportives, pour un montant de 2 milliards d\u2019euros. Sans compter les 400 millions n\u00e9cessaires \u00e0 am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s et les transports. Tout cela est sans omettre les frais engag\u00e9s pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n\n\n\n<p>Les quelques 250 millions d&rsquo;euros abandonn\u00e9s par l&rsquo;Etat auraient donc \u00e9t\u00e9 les bienvenus pour amortir ces investissements publics, \u00e0 la charge des collectivit\u00e9s territoriales.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019Euro 2012, en habitu\u00e9, l\u2019UEFA avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 un tr\u00e8s gros b\u00e9n\u00e9fice, puisqu\u2019elle avait seulement investi 695 millions pour pr\u00e8s de 1,4 milliards de chiffre d\u2019affaires&nbsp;: une marge d\u2019exploitation de 50%&nbsp;! Tout cela avec un statut officiel d\u2019association \u00e0 but non lucratif.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ajoute que les politiques visant \u00e0 la prise en charge des projets de Grands Travaux Inutiles, par des contrats dits PPP ou Partenariat-Priv\u00e9-Public n\u2019aboutissent qu\u2019\u00e0 ne faire supporter les risques par les Collectivit\u00e9s et les citoyens.&nbsp;Par des conditions d\u2019obtention des march\u00e9s \u00e0 la limite de la r\u00e9gularit\u00e9 ou face \u00e0 une fausse concurrence, les pratiques tarifaires d\u00e9bouchent sur une cons\u00e9quence intol\u00e9rable, qui, de devis sur\u00e9valu\u00e9s, puis accentu\u00e9s par une d\u00e9rive des co\u00fbts, rench\u00e9rissent le budget final des projets dans des proportions inacceptables, toujours \u00e0 la charge des collectivit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces derni\u00e8res ne sont pas prises en compte lors des d\u00e9cisions d\u2019\u00e9valuation des projets. Ou les \u00e9tudes de rentabilit\u00e9 sur les investissements ne sont pas r\u00e9alis\u00e9es pour de tels projets. Il existe en particulier le fait que l\u2019association PPP, soumise aux conditions des march\u00e9s, comme les enceintes sportives, \u00e0 exploitation al\u00e9atoire, sont incompatibles en termes de visibilit\u00e9 et de rentabilit\u00e9 sur de longues p\u00e9riodes. J\u2019observe que les risques d\u2019exploitation sont report\u00e9s ainsi sur les op\u00e9rateurs publics.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.3-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les institutions nationales du football<\/h3>\n\n\n\n<p>La FFF a connu la situation paradoxale d\u2019\u00eatre l\u2019entit\u00e9 officiellement d\u00e9sign\u00e9e comme h\u00f4te et th\u00e9oriquement organisatrice de l\u2019Euro 2016, tout en \u00e9tant absente de l\u2019essentiel des activit\u00e9s d\u2019organisation, montrant par l\u00e0 une forme de collusion ou d\u2019incapacit\u00e9 d\u2019infl\u00e9chir les injonctions de l\u2019UEFA.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut noter, au niveau local, que les dossiers de candidatures comprenaient des \u00ab&nbsp;<em>lettres de garantie<\/em>&nbsp;\u00bb sign\u00e9es par les ex\u00e9cutifs locaux des villes accueillant les rencontres du tournoi ainsi que plusieurs contrats : contrats de ville h\u00f4te avec la collectivit\u00e9 d\u2019accueil, de stade avec le propri\u00e9taire de l\u2019\u00e9quipement et enfin d\u2019a\u00e9roport avec la soci\u00e9t\u00e9 exploitante de l\u2019infrastructure.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ex\u00e9cutifs des collectivit\u00e9s territoriales publiques ont \u00e9t\u00e9 tenus de signer ces contrats sans pouvoir en discuter le contenu. Dans la plupart des cas, ces contrats n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 soumis aux conseils municipaux des villes concern\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sident de la FFF, indiquait ainsi que \u00ab&nbsp;<em>l\u2019UEFA ne consid\u00e8re pas ces contrats comme des projets soumis \u00e0 discussion et \u00e0 amendements \u00e9ventuels, mais comme des contrats-types qu\u2019elle demande aux villes candidates et \u00e0 la FFF de signer en l\u2019\u00e9tat. Ceci signifie qu\u2019une ville qui ne pourrait pas ou ne souhaiterait pas signer ces contrats ne pourra pas figurer dans la liste des villes h\u00f4tes propos\u00e9es par la FFF<\/em>&nbsp;\u00bb, traduisant ainsi une forme de chantage \u00e0 l\u2019obtention de l\u2019organisation du tournoi, obligeant ainsi les collectivit\u00e9s \u00e0 se conformer \u00e0 un cadrage tr\u00e8s pr\u00e9cis. Le dossier de candidature incorporait ainsi, d\u00e8s 2011, un corps d\u2019engagements contraignants, formant le cadre intangible dans lequel allait s\u2019inscrire en 2016 la mise en \u0153uvre du tournoi.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors des \u00e9v\u00e8nements \u00ab&nbsp;match&nbsp;\u00bb, l\u2019\u00c9tat facture \u00e0 la FFF et aux clubs de football professionnels une partie des d\u00e9penses engag\u00e9es pour la s\u00e9curisation des rencontres disput\u00e9es par l\u2019\u00e9quipe de France et par les clubs des Ligue 1 et Ligue 2. Pour l\u2019Euro 2016, il a renonc\u00e9 \u00e0 facturer le co\u00fbt des services d\u2019ordre charg\u00e9s de s\u00e9curiser les stades et les fan zones lors des 51 rencontres du tournoi.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour r\u00e9pondre au cahier des charges de l\u2019UEFA, les villes h\u00f4tes ont engag\u00e9 des investissements pour un co\u00fbt total final des travaux de construction et de r\u00e9novation de neuf des dix stades retenus pour accueillir l\u2019Euro 2016, \u00e9valu\u00e9 \u00e0 1,919 Md\u20ac HT. Ce co\u00fbt comprend les d\u00e9penses directement consacr\u00e9es aux stades pour 1,67 Md\u20ac, des d\u00e9penses d\u2019infrastructures, am\u00e9nagements ext\u00e9rieurs, dessertes en transports, parkings, programmes immobiliers annexes, indispensables \u00e0 leur fonctionnement, pour 244 M\u20ac.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, avec l\u2019aide de la FFF, les projets ont largement exc\u00e9d\u00e9 les exigences de l\u2019UEFA : en portant la capacit\u00e9 cumul\u00e9e des neuf stades \u00e0 415.173 places, ils ont d\u00e9pass\u00e9 de 19% les 350.000 figurant dans le cahier des charges. Ainsi ce surdimensionnement des nouvelles enceintes, qui affiche des fr\u00e9quentations tr\u00e8s m\u00e9diocres, constitue une \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s sur les Clubs et les collectivit\u00e9s, alors que le respect du \u00ab&nbsp;calibrage des investissements&nbsp;\u00bb aurait \u00e9t\u00e9 de nature \u00e0 minorer les risques d\u2019exploitation futurs et les tensions sur le niveau des redevances sportives &#8211; plus conforme aux ressources des pouvoirs publics.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/media-exp1.licdn.com\/dms\/image\/C4E12AQH-2gZMMVZbOw\/article-inline_image-shrink_1000_1488\/0\/1593408871495?e=1616630400&amp;v=beta&amp;t=NjJqrAk6jRiPFu9GiZOP7_LkCAu_gei2X3HhvQhyRWQ\" alt=\"Aucun texte alternatif pour cette image\"\/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4- LES CONTRIBUTEURS \u00c0 LA CR\u00c9ATION DE VALEUR&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.1-&nbsp;Les supporters<\/h3>\n\n\n\n<p>Les clients des clubs, constitu\u00e9s des supporters et des abonn\u00e9s, repr\u00e9sentent une source de revenu importante dans l\u2019\u00e9conomie du football professionnel. Les clubs d\u00e9ploient l\u2019utilisation des outils du marketing exp\u00e9rientiel dans l\u2019intention de d\u00e9velopper les recettes li\u00e9es au merchandising en jouant sur l\u2019attachement sentimental du supporter au club ou \u00e0 son identification \u00e0 un joueur vedette, et en essayant de faire en sorte que le stade devienne un lieu de vie. Ce faisant, la dimension soci\u00e9tale du Club dans son propre \u00e9cosyst\u00e8me est oblit\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque activit\u00e9 du club contribue \u00e0 la valeur cr\u00e9\u00e9e. Celle-ci doit \u00eatre per\u00e7ue par les supporters comme r\u00e9pondant \u00e0 leurs attentes. Valeur subjective s\u2019il en est, et si le client ne per\u00e7oit pas assez de valeur, il pourra choisir et s\u2019orienter vers d\u2019autres loisirs sportifs ou culturels qui r\u00e9pondront mieux \u00e0 ses esp\u00e9rances.<\/p>\n\n\n\n<p>Le supporter est suppos\u00e9 acheter des prestations de spectacles sportifs qui pr\u00e9sentera la diff\u00e9rence entre la valeur per\u00e7ue et le prix \u00e0 payer comme la plus favorable.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux clubs se posent la question de savoir si un supporter est un client comme un autre ou pas. Les supporters, par tradition, sont un peu plus que de simples clients car, typiquement ils s\u2019identifient de mani\u00e8re tr\u00e8s particuli\u00e8re aux valeurs du club tout en s\u2019assurant de leur fid\u00e9lit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par l\u2019approche \u00ab football business \u00bb, les clubs tendent de plus en plus \u00e0 traiter le supporter comme un client. Cela se fait de plus en plus ressentir du c\u00f4t\u00e9 des fans. \u00catre consid\u00e9r\u00e9 comme un simple client peut d\u00e9valuer le concept de supporter et augmenter l\u2019impression de n\u2019\u00eatre qu\u2019une source de profits commerciaux : c\u2019est une disposition p\u00e9jorativement ressentie par les supporters.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une certaine fa\u00e7on, le supporter recherche dans son club d\u2019autres relations que proprement commerciales. Une qualit\u00e9 de service optimale doit r\u00e9pondre \u00e0 ses attentes. Les supporters sont donc des acteurs cruciaux dans la vie de chaque club. Leur r\u00f4le au sein du club ne peut pas \u00eatre sous-estim\u00e9 tant ils peuvent influencer ou affecter l\u2019ensemble de la structure dudit club de football.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, la valeur per\u00e7ue par les supporters int\u00e8gre une forte valeur d\u2019estime, correspondant \u00e0 l\u2019image apport\u00e9e par les prestations, tant par leur disponibilit\u00e9, leur qualit\u00e9 que par leurs aspects affectifs produisant implicitement la valeur ressentie desdites prestations. Celle-ci, subjective, est influenc\u00e9e par la presse, les associations de consommateurs, les r\u00e9seaux sociaux et les groupes de supporters.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La \u00ab satisfaction du supporter \u00bb permet sa fid\u00e9lisation. Cela influence et r\u00e9duit le co\u00fbt des transactions pour la recherche de nouveaux supporters.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La valeur ainsi cr\u00e9\u00e9e pour le supporter est d\u00e9termin\u00e9e par la cha\u00eene de valeur int\u00e9gr\u00e9e, de la proposition du spectacle sportif jusqu\u2019\u00e0 son exploitation dans le Stade (avant, pendant et apr\u00e8s l\u2019\u00e9v\u00e9nement lui-m\u00eame) et qu\u2019elle n\u2019int\u00e8gre pas que des dimensions tarifaires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les informations \u00e9conomiques \u00e0 notre disposition traduisent une stagnation des revenus r\u00e9sultant de la billetterie et ce, depuis les 3 derni\u00e8res saisons : elle repr\u00e9sente 11% du total des revenus.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ensemble des recettes \u00ab matches \u00bb repr\u00e9sentent 201 M\u20ac sur la saison 2018\/2019, soit 11% des revenus r\u00e9currents hors recettes des mutations et 7 % en incluant les revenus des mutations.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la construction de nouveaux stades pour l\u2019EURO 2016, le nombre de spectateurs par matches s\u2019immobilise autour d\u2019une moyenne de 23 000 par match, dont 2 500 de \u00ab non payants \u00bb, pour des capacit\u00e9s moyennes dans les stades de plus du double ; soit environ 50 % de taux de remplissage liss\u00e9 sur les saisons.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la vue des tarifs moyens pratiqu\u00e9s, soit 25 \u20ac par spectateur et par match, on peut facilement en d\u00e9duire que la perception par les supporters montre une diff\u00e9rence significative entre la valeur per\u00e7ue et le prix \u00e0 payer, limitant leur engagement et leur passion.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.2-&nbsp;Les sponsors<\/h3>\n\n\n\n<p>Les revenus agr\u00e9g\u00e9s du sponsoring et de la publicit\u00e9 repr\u00e9sentent 415 M\u20ac soit 22 % du total des produits r\u00e9currents. Ils sont en augmentation de 21 % entre la saison 2018\/2019 et la saison N-1 et 15 % en incluant les revenus des mutations.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comment analyser la valeur per\u00e7ue par les sponsors ? Sachant que ces revenus constituent la deuxi\u00e8me source de produits apr\u00e8s les droits de diffusion.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le peu d\u2019informations sponsoring \u00e0 ma disposition ne m\u2019emp\u00eache pas d\u2019\u00e9mettre quelques hypoth\u00e8ses de mani\u00e8re \u00e0 d\u00e9montrer que les d\u00e9marches propos\u00e9es par les Clubs ne r\u00e9pondent pas aux attentes des sponsors.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La vision des clubs de football professionnel, principalement orient\u00e9e performance et r\u00e9sultats sportifs, n\u2019offre que peu d\u2019attractivit\u00e9s et d\u2019alternatives aux yeux des annonceurs. En raison de r\u00e9sultats sportifs al\u00e9atoires, non r\u00e9currents, les clubs offrent peu de visibilit\u00e9 et de notori\u00e9t\u00e9 aux sponsors, en particulier lors de p\u00e9riode de r\u00e9sultats n\u00e9gatifs ou lors de des non-participations \u00e0 des Coupes Nationales ou Europ\u00e9ennes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En Ligue 1, de rares clubs affichent une s\u00e9curit\u00e9 quant au niveau des r\u00e9sultats sportifs. De cet \u00e9tat de fait, le peu de clubs qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une importante exposition m\u00e9diatique, r\u00e9duisent les arguments pour les annonceurs, qui devraient pouvoir profiter d\u2019importantes retomb\u00e9es m\u00e9dias.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019int\u00e9gration r\u00e9cente des notions de ROI (retour sur investissement) dans les op\u00e9rations de partenariats sportifs contraint les clubs \u00e0 de grandes campagnes d\u2019activation, en regard d\u2019optimiser les enjeux de notori\u00e9t\u00e9 et d\u2019image de marque pour les annonceurs. La seule visibilit\u00e9 ne suffit plus pour les partenaires. Les activations, avec des objectifs et des indicateurs pr\u00e9cis, jouent un r\u00f4le croissant dans la d\u00e9finition et l\u2019ex\u00e9cution des accords de sponsoring.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ces exigences de ROI (retour sur investissement) de la part des annonceurs dans le dessein de justifier de la rentabilit\u00e9 de leur investissement substantiel pour acqu\u00e9rir des droits et activer leurs partenariats, les clubs doivent de se doter d\u2019outils de monitoring pour suivre au mieux les retomb\u00e9es. Tous les partenaires cherchent \u00e0 calculer le plus finement possible leur retour sur investissement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers diff\u00e9rentes m\u00e9triques, indicateurs de performance, enqu\u00eates d\u2019opinion, enqu\u00eates onlines lors des \u00e9v\u00e9nements, des mesures de ventes sur un secteur g\u00e9ographique pr\u00e9cis, feed-back des r\u00e9seaux sociaux, les annonceurs pourront appr\u00e9cier la pertinence d\u2019un contrat de sponsoring, avec pour objectif de renouveler le contrat de partenariat, conditionn\u00e9 par les r\u00e9ponses apport\u00e9es par les Clubs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pouvons d\u00e9j\u00e0 constater que les cons\u00e9quences de la pand\u00e9mie anticipent une baisse de 25 \u00e0 30 % des revenus provenant des sponsors.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une question se pose alors : comment se fait-il que les retomb\u00e9es du sponsoring soient si peu \u00e9valu\u00e9es et offrent si peu de visibilit\u00e9 pour les annonceurs au point de sacrifier 25 \u00e0 30 % de leur budget ?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.3-&nbsp;Les diffuseurs<\/h3>\n\n\n\n<p>La contribution totale des droits audiovisuels au total des produits se monte \u00e0 901 M\u20ac, soit 47 % des revenus r\u00e9currents et 34 % avec les revenus incluant les mutations.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019en est-il des diff\u00e9rents diffuseurs ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un environnement \u00e9conomique normal, les d\u00e9cisions d\u2019investissements sont l\u00e0 pour produire des r\u00e9sultats sur le moyen et le long terme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je propose une analyse des principaux acteurs audiovisuels.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>BEIN SPORTS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>BeIn Sports est lest\u00e9 de pertes fiscales abyssales qui s\u2019accumulent \u00e0 hauteur de 1,4 milliard d\u2019euros en sept ans d\u2019existence ! Cela oblige l\u2019actionnaire qatarien \u00e0 injecter r\u00e9guli\u00e8rement de l\u2019argent dans les comptes pour sauver les apparences.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le coup d\u2019arr\u00eat commercial subi par BeIn Sports est inqui\u00e9tant alors que la soci\u00e9t\u00e9 a pris \u00e0 court terme des engagements financiers importants, li\u00e9s aux droits sportifs acquis. Elle se trouvait face \u00e0 un mur d\u2019investissements de 1,8 milliard d\u2019euros \u00e0 cinq ans et plus. Cette somme est surtout due aux droits de retransmission de la Ligue 1 sur la p\u00e9riode 2020-2024, dont BeIn a remport\u00e9 une partie pour plus de 300 millions d\u2019euros annuels face \u00e0 un nouvel acteur (l\u2019espagnol Mediapro) qui a pu s\u2019offrir le plus gros morceau des droits, cr\u00e9ant une bulle financi\u00e8re sur les droits audiovisuels du football. Dans ces conditions, le chemin menant \u00e0 la rentabilit\u00e9 s\u2019annonce plus raide encore pour BeIn.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le sc\u00e9nario actuel est celui d\u2019une inflation du montant des droits sans rapport avec les r\u00e9sultats sportifs ni avec les probabilit\u00e9s de rentabilit\u00e9 financi\u00e8re. On est un peu dans \u00ab la condamnation du dominateur \u00bb lorsque le vainqueur paye un prix plus \u00e9lev\u00e9 que la valeur r\u00e9elle du bien d\u00e9sir\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 la menace d\u2019\u00e9clatement de la bulle, adoss\u00e9e \u00e0 la t\u00e9l\u00e9-d\u00e9pendance des clubs, aux usages \u00e9mergents des consommateurs qui ne peuvent plus payer de multiples abonnements et s\u2019en remettent au piratage ou au streaming, les revenus des droits audiovisuels refl\u00e8tent le mod\u00e8le \u00e9conomique du football professionnel, \u00e9rig\u00e9 sur de multiples facteurs de risques, aliment\u00e9s par les al\u00e9as sportifs. Le directeur g\u00e9n\u00e9ral de BeIN Media Group ne confirme pas autre chose en annon\u00e7ant que \u00ab la glorieuse bulle des droits t\u00e9l\u00e9 est sur le point d\u2019\u00e9clater parce que le piratage s\u2019est r\u00e9pandu aux quatre coins du monde et dans toutes les couches de la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb &#8211; d\u00e9claration faite lors du dernier Sport Business Summit \u00e0 Londres.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9nonciation des flux pirat\u00e9s, qui d\u00e9valorisent constamment la valeur de droits pay\u00e9s, introduit&nbsp;une nouvelle menace que l\u2019on estime entre 10 et 20 % de l\u2019audience des retransmissions sportives.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, ce sc\u00e9nario n\u2019a toutefois rien d\u2019in\u00e9luctable \u00e0 cause de l\u2019\u00e9ventail de cartes \u00e0 jouer sur la table m\u00e9diatique : il y a la germination des ententes entre les diff\u00e9rents diffuseurs, qui leur permet de rentabiliser leurs investissements, par une diminution du nombre d\u2019acteurs et une baisse des tarifs pour finir par atteindre un \u00e9quilibre financier.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>RMC SPORT NEWS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un autre op\u00e9rateur, un autre parcours ! Apr\u00e8s neuf mois d\u2019activit\u00e9 en 2019 et avoir perdu 76 millions d\u2019euros d\u2019Ebitda (exc\u00e9dent brut d\u2019exploitation) n\u00e9gatif, la cha\u00eene RMC Sport News arr\u00eate de diffuser au 2 juin 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>CANAL+<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le groupe historique de t\u00e9l\u00e9vision payante Canal+ a confirm\u00e9 qu\u2019il allait \u00ab tailler \u00e0 la hache \u00bb dans ses effectifs en France, o\u00f9 il est confront\u00e9 \u00e0 une double concurrence : celle de BeIN Sports, de SFR et de Mediapro dans le sport.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De plans de restructuration apr\u00e8s d\u2019autres, Canal+ continue de r\u00e9duire ses effectifs \u00e0 hauteur d&rsquo;environ 500 collaborateurs sur les 2.600 qu&rsquo;il compte en France ; r\u00e9duction&nbsp;appel\u00e9e comme il se doit \u00ab projet de transformation \u00bb. Les objectifs sont la compression du nombre de salari\u00e9 en r\u00e9duisant les co\u00fbts et la distribution afin de verser un maximum de dividendes au d\u00e9triment des salaires.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 2015, les pr\u00e9c\u00e9dents plans d\u2019\u00e9conomie n\u2019ont pas suffi \u00e0 enrayer les difficult\u00e9s de Canal+. Attaqu\u00e9e sur tous les fronts, la soci\u00e9t\u00e9 voit le nombre d&rsquo;abonnements individuels directs reculer de 300.000 l&rsquo;an dernier &#8211; totalisant 4,73 millions de fid\u00e8les. Les difficult\u00e9s s\u2019accumulent face aux concurrents.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MEDIAPRO<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Que savons-nous du nouveau diffuseur Mediapro ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Avec des abonnements autour de 25 \u20ac et un nombre d\u2019abonn\u00e9s \u00e0 atteindre de 3,5 millions, en ces temps o\u00f9 le piratage prend de plus en plus d\u2019ampleur, c\u2019est un v\u00e9ritable challenge auquel Mediapro sera confront\u00e9 avec un d\u00e9marrage d\u00e9but\u00e9 avec z\u00e9ro abonn\u00e9. Confront\u00e9 \u00e0 des frais massifs comme les droits, la production, le marketing, Mediapro devra engager d\u2019importantes d\u00e9penses.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019actionnaire de Mediapro, tr\u00e8s peu connu, n\u2019offre pas de garantie financi\u00e8re cr\u00e9dible pour couvrir l\u2019ensemble des engagements pris aupr\u00e8s de la Ligue de Fran\u00e7aise de Football, pour une dur\u00e9e de contrat de 4 ann\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je peux d\u00e9duire que sur cette marche des diffuseurs, il semble que la rentabilit\u00e9 soit loin du compte au regard des investissements consentis dans l\u2019achat des droits de diffusion. La concurrence entre les op\u00e9rateurs, celle des nouvelles plateformes comme Amazon et Netflix et les tendances des consommateurs vers le streaming, constituent de nouveaux risques de d\u00e9gradation du montant tarif\u00e9 des droits audiovisuels per\u00e7us par les Clubs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.4-&nbsp;Les produits d\u00e9riv\u00e9s et le merchandising&nbsp;<\/h3>\n\n\n\n<p>Le poids \u00e9conomique des produits d\u00e9riv\u00e9s et du merchandising, ajout\u00e9 aux autres produits, culmine \u00e0 hauteur de 386 M\u20ac, soit 20 % des revenus r\u00e9currents et 14 % incluant les revenus des mutations.<\/p>\n\n\n\n<p>La difficult\u00e9 d\u2019analyse porte sur la non-pr\u00e9sentation des revenus originaires exclusivement de la vente des produits d\u00e9riv\u00e9s. Sachant que le PSG r\u00e9alise 10 % du total de ses ventes en produits d\u00e9riv\u00e9s, que OL r\u00e9alise lui 5 % du total&nbsp;de ses recettes issues de produits d\u00e9riv\u00e9s, je peux traduire que pour la plupart des clubs, le poids des produits d\u00e9riv\u00e9s repr\u00e9sente moins de 5 % du total de leurs recettes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais au-del\u00e0 des recettes r\u00e9alis\u00e9es, il est important de comprendre la Marge Commerciale sur les ventes des produits d\u00e9riv\u00e9s. Dans les faits, pour chaque produit vendu, le club n\u2019encaisse environ que 10 % de la recette finale. 30% va au distributeur, 30% \u00e0 l\u2019\u00e9quipementier, 10% au fabricant (ainsi qu\u2019aux frais de logistique) et aux Etats, via les taxes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je peux en d\u00e9duire que la contribution des produits d\u00e9riv\u00e9s aux b\u00e9n\u00e9fices des clubs repr\u00e9sente seulement un apport marginal \u00e0 la performance \u00e9conomique, estim\u00e9 \u00e0 1%.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019int\u00e9gration de comp\u00e9tences, de capacit\u00e9 et de savoir-faire dans les m\u00e9tiers de la supply chain constitue un d\u00e9fi pour l\u2019am\u00e9lioration des r\u00e9sultats financiers issus de la commercialisation des produits d\u00e9riv\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.5-&nbsp;Le march\u00e9 vendeur des joueurs<\/h3>\n\n\n\n<p>La part des revenus, suite aux op\u00e9rations de trading sur les joueurs, repr\u00e9sente 786 M\u20ac soit 29 % du total des produits des Clubs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si on ajoute le poids des droits audiovisuels, l\u2019ensemble du p\u00f4le sportif affiche 1 687 M\u20ac soit 63 % du total des produits des clubs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, ce sont 63 % des produits qui sont soumis \u00e0 des al\u00e9as sportifs et \u00e0 des risques syst\u00e9miques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le march\u00e9 des joueurs se r\u00e9partit entre des joueurs de haut niveau international aux r\u00e9mun\u00e9rations tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es, exponentielles, mobiles internationalement, ayant une valeur \u00e9conomique sup\u00e9rieure \u00e0 leur valeur sportive, et des joueurs interchangeables moins r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s, souvent plus \u00e2g\u00e9s, moins m\u00e9diatiques et tr\u00e8s nombreux (formant un quasi-march\u00e9 parall\u00e8le).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019internationalisation du recrutement des joueurs et l\u2019importance accrue des agents sportifs et des interm\u00e9diaires ont eu comme cons\u00e9quence des d\u00e9penses salariales incompressibles \u00e0 court terme engageant les clubs dans la recherche de nouvelles recettes stables et p\u00e9rennes, comme les droits TV, les produits d\u00e9riv\u00e9s, les activit\u00e9s de conf\u00e9rences et d\u2019\u00e9v\u00e9nements afin d\u2019optimiser l\u2019utilisation des infrastructures. L\u2019ensemble de ces nouvelles sources de revenus est conditionn\u00e9 par le recrutement de joueurs fortement valoris\u00e9s, reconnus au niveau europ\u00e9en et internationalement, provoquant une tendance inflationniste sur les co\u00fbts des transferts et sur les r\u00e9mun\u00e9rations.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La pand\u00e9mie mondiale et la suspension de tous les championnats aura des cons\u00e9quences tr\u00e8s importante sur l\u2019\u00e9conomie du football &#8211; et plus particuli\u00e8rement celle du march\u00e9 des transferts.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le l\u2019Observatoire du football CIES, cette valorisation s&rsquo;effondrerait de 28%, passant de 32,7 \u00e0 23,4 milliards d&rsquo;euros&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La pand\u00e9mie de coronavirus pr\u00e9cipite-t-elle l\u2019\u00e9clatement de la bulle dans le foot-business ? \u00ab Oui \u00bb, estiment les experts interrog\u00e9s, mais seulement \u00ab \u00e0 court terme \u00bb, s\u2019il n\u2019y a pas la mise en place d\u2019une \u00ab r\u00e9gulation \u00bb pour encadrer l\u2019inflation \u00e0 l\u2019\u0153uvre lors de la derni\u00e8re d\u00e9cennie.<\/p>\n\n\n\n<p>Face aux clubs qui auront de gros probl\u00e8mes de tr\u00e9sorerie, face \u00e0 l\u2019incertitude sur les droits audiovisuels et les revenus du sponsoring, face aux d\u00e9s\u00e9quilibres financiers, cela va devenir tr\u00e8s compliqu\u00e9 de c\u00e9der ses meilleurs joueurs sur un march\u00e9 qui ne sera pas acheteur, mais vendeur.&nbsp;De quoi provoquer un fort ralentissement du march\u00e9, activant un effet domino sur tous les segments de joueurs, des plus monnayables aux&nbsp;interm\u00e9diaires, en passant par les plus basiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La France, victime de l\u2019ass\u00e8chement de ces march\u00e9s acheteurs, qui a tout mis\u00e9 sur un mod\u00e8le \u00e9conomique fond\u00e9 sur le trading de joueurs gr\u00e2ce \u00e0 une politique de formation performante, sur une vision \u00ab courtermiste \u00bb et sur des revenus focalis\u00e9s sur les seuls enjeux sportifs, se retrouve confront\u00e9e \u00e0 la d\u00e9faillance de son mod\u00e8le (qui appelle une refondation et un autre projet).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La DNCG affirme que la moiti\u00e9 des clubs de Ligue 1 a r\u00e9alis\u00e9 des plus-values de plus de 20 millions d\u2019euros gr\u00e2ce aux transferts, lors de la saison 2018-2019.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mod\u00e8le inflationniste du march\u00e9 des joueurs, associ\u00e9 aux d\u00e9tournements des r\u00e8gles l\u00e9gales et fiscales, aux syst\u00e8mes de pr\u00eats de joueurs, produit une d\u00e9rive sp\u00e9culative. C\u2019est une nouvelle cause de risques syst\u00e9miques pour les Clubs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019actuel syst\u00e8me des transferts, les joueurs sont des placements, c\u2019est-\u00e0-dire un capital tr\u00e8s mobile et tr\u00e8s sp\u00e9culatif qui se n\u00e9gocie sur un march\u00e9 par ailleurs tr\u00e8s opaque. La logique sportive, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9e par la logique \u00e9conomique, l\u2019est cette fois par une logique financi\u00e8re de plus en plus puissante &#8211; et de plus en plus in\u00e9galitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le long terme, il est souhaitable que l\u2019on transforme ce syst\u00e8me (source d\u2019inflation sur des salaires toujours plus \u00e9lev\u00e9s) en pourvoyant des mutations toujours plus on\u00e9reuses. Je pense qu\u2019une vision responsable, soci\u00e9tale et durable contribue \u00e0 une remise en cause consid\u00e9rable dudit syst\u00e8me.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par-del\u00e0 les particularit\u00e9s propres \u00e0 chaque contributeur de revenus des clubs, je note que l\u2019ensemble de ces acteurs \u00e9conomiques se comportent de mani\u00e8re \u00e0 rendre d\u00e9pendants financi\u00e8rement la totalit\u00e9 des clubs. En effet, hormis les recettes de billetterie et de produits d\u00e9riv\u00e9s, les sommes d\u2019argent dues aux clubs constituent un risque majeur sur leur financement d\u2019exploitation. Le total des cr\u00e9ances dues, soit 1,228 M\u20ac&nbsp;accable les Clubs par des retards de paiement r\u00e9currents, repr\u00e9sente 165 Jours de cr\u00e9dit clients, soit plus de 6,5 Mois de d\u00e9lai en moyen de paiement, alors qu\u2019une loi, dit LME de 2008 limite lesdits d\u00e9lais de paiement \u00e0 45 Jours !<\/p>\n\n\n\n<p>Sachant que les recettes g\u00e9n\u00e9r\u00e9es de la billetterie et des produits d\u00e9riv\u00e9s constituent \u00e0 peine 12 % en moyenne, il est facile d\u2019imaginer la position des clubs face \u00e0 une telle d\u00e9pendance financi\u00e8re \u00e0 court terme et les cons\u00e9quences en terme \u00e9conomique, d\u2019image et des conditions d\u2019exploitations.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/media-exp1.licdn.com\/dms\/image\/C4E12AQHg4fZlh-zLKA\/article-inline_image-shrink_1000_1488\/0\/1593408948515?e=1616630400&amp;v=beta&amp;t=6mon7vh_Ms9XGHgY8lDwxs35oX2TO7tzbMoz6QupdI8\" alt=\"Aucun texte alternatif pour cette image\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/media-exp1.licdn.com\/dms\/image\/C4E12AQEKPvPDl6SzSA\/article-inline_image-shrink_1000_1488\/0\/1593408962268?e=1616630400&amp;v=beta&amp;t=dIPc5vTZ5RcXENzk9XS1ZSNqGC9hSjPjc3JnWhfJ_Zk\" alt=\"Aucun texte alternatif pour cette image\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/media-exp1.licdn.com\/dms\/image\/C4E12AQH5Xp6DGV3grQ\/article-inline_image-shrink_1000_1488\/0\/1593408978487?e=1616630400&amp;v=beta&amp;t=4jXvzeaiSP96HmTewBcBvifh73NZ_CUJuuoh7bu3b4k\" alt=\"Aucun texte alternatif pour cette image\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Fin de l&rsquo;\u00e9pisode DEUX : CONTROVERSE 2&nbsp;: LES PROMOTEURS, LES PR\u00c9BANDIERS ET LES CONTRIBUTEURS<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dipl\u00f4m\u00e9 des DESS de l&rsquo;IAE Grenoble et de l&rsquo;IAE Paris, d&rsquo;un MBA en Management des Organisations et Entreprises du Sport de l&rsquo;ESG Executive et d&rsquo;un Executive Master en Sociologie de l&rsquo;entreprise et conduite du changement de Sciences Po Paris, Guy Bulit est intervenant et formateur aupr\u00e8s d&rsquo;Audencia Business School, MBA ESG, ESG Guadeloupe et ESG Sport, AMOS Business School, Sport Management School et ISC Business School.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Pour toute demande d\u2019intervention, de renseignement ou d\u2019information compl\u00e9mentaire :<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\ud83d\udcf1<em>&nbsp;Mob : 06 73 32 63 38<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CONTROVERSE 2&nbsp;: LES PROMOTEURS, LES PR\u00c9BANDIERS ET LES CONTRIBUTEURS 3-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;PROMOTEUR ET PR\u00c9BANDIER A LA FOIS 3.1-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les institutions internationales du football \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des parties prenantes principales comme les actionnaires, les joueurs et les spectateurs, on peut identifier d\u2019autres parties prenantes telles que les instances dirigeantes (la FIFA, l\u2019UEFA, la F\u00e9d\u00e9ration Fran\u00e7aise de Football et de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sportagogie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/368"}],"collection":[{"href":"https:\/\/sportagogie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sportagogie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sportagogie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sportagogie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=368"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/sportagogie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/368\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":369,"href":"https:\/\/sportagogie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/368\/revisions\/369"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sportagogie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=368"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sportagogie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=368"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sportagogie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=368"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}